François d'Assise, Frère d'Autre foi
Résumé de la vie de François d'Assise - Texte distribué à l'entrée de la représentation (Telecharger ici ce résumé)
Cé résumé a pour seul but celui de remettre rapidement en mémoire les grands traits de la vie de François. Le spectacle que nous vous proposons n'aborde que le message qu'il nous a laissé.
De l'Humilité à la Fraternité...
Assise, 1180.
Dans cette petite ville du sud
Italien, dame Pica met au monde son
premier fils, Jean, tandis que son mari,
Pietro di Bernardone est en voyage pour
affaires, en France. Dès son retour, il décide
de le faire appeler Francesco (« petit
français » en Italien). Jean portera
désormais le nom de François.
Ce fils aîné connaît une enfance et une
adolescence sans ombre. Destiné à
seconder son père, il entre, à 14 ans, dans
la corporation des marchands.
Mais ce début du 13è siècle marque un
tournant. Le vieux monde féodal meurt pour
laisser la place à une civilisation urbaine : le
mouvement communal. C’est l’entrée de
l’argent dans la vie des hommes.
Cette transition ne se fait pas sans mal et la
ville d’Assise, à la suite de son coup de
force anti féodal, se retrouve en conflit avec
Pérouse sa voisine. La guerre éclate entre
les deux cités. François qui rêve d’exploit,
s’enrôle. Son père, fier de lui, n’hésite pas à
ouvrir sa bourse et à lui offrir un équipement
complet de chevalier.
François part en guerre. A quelques lieues
d’Assise, la troupe est vaincue et le jeune
héros se retrouve en prison. Libéré un an
plus tard à prix d’argent grâce à son père,
François ne renonce pas à ses rêves,
malgré le bouleversement intérieur qui
s’insinue en lui. Il repart donc avec un
équipement flambant neuf, offert encore une
fois par son père, pour combattre les
troupes impériales et défendre le pape. A
quelques 10 km, d’Assise, l’équipée s’arrête à Spolète. François voit alors son univers
intérieur basculer : il donne toute sa richesse
et rentre à Assise.
Il a alors 22 ans. Il lui reste 22 ans à vivre.
François quitte la ville pour le silence et va à
la rencontre des lépreux, le petit peuple qui
n’a pas droit à l’argent. Il se dépouille de ses
riches habits et vit en mendiant. Il est la
risée de sa ville natale, sa famille est
confondue de honte. Son père ne décolère
pas et tente par la violence de le ramener à
la raison.
Mais François poursuit le chemin qu’il sent être le bon pour lui et s’isole souvent dans la
petite chapelle en piteux état de Saint
Damien. Un jour qu’il prie devant le Christ, il
entend une voix lui dire : « Va François et
répare ma maison qui tombe en ruine ».
Sans même hésiter une seconde, François
entreprend la reconstruction de la chapelle.
Il décide alors de prendre du drap au
magasin de son père et de le revendre à
Spolète pour payer les travaux. Mais son
père ne l’entend pas de cette manière et,
furieux, le cite devant le tribunal.
C’est la rupture familiale, la rupture avec le
monde. Dans un geste symbolique, il rend
ses vêtements à son père et se livre nu au
Christ.
Février 1208.
François continue sa vie d’humilité et de
pauvreté sur la route du Christ. Un jour, en
prière dans la petite chapelle de la
Portioncule, il entend le prêtre lui lire cette
page d’Evangile : « Allez sur votre route,
proclamez que le Royaume des Cieux est
tout proche. Ne portez ni or, ni argent…là ou
vous entrerez, dites : Paix à cette
maison ». C’est la révélation. Il sort joyeux,
criant à qui veut l’entendre : « Voilà ce que
je cherche, voilà ce que je veux. »
Deux compagnons se joignent à lui, puis 7,
puis 12. Ils seront 3000 en 1220 et 5000 en
1226. Une règle de vie devient
indispensable. François la veut simple et
concrète. Les frères vivront sur les routes
deux par deux. Ils loueront Dieu. Ils sont
des pauvres, leur table est l’aumône, ils ne
possèdent rien. Ils sont aussi des frères,
tous égaux. Ils ne forment pas un ordre mais
des fraternités.
Ils sont enfin des frères mineurs et
rejoignent le peuple des « sans argent ».
François s’isole souvent pour prier, désireux
de se rapprocher toujours plus de son Père
céleste. Voulant toucher des yeux l’humilité
de Dieu, il invente, en 1223, une crèche
vivante avec les paysans de Greccio, petit
peuple isolé dans la montagne et vivant
dans une très grande pauvreté.
Animé par sa foi, il passe aussi beaucoup de temps sur les routes pour délivrer son message d’Amour et de Paix. Un jour qu’il prêche à Saint Rufin, Claire, une jeune fille d’une famille noble d’Assise, l’entend pour la première fois. Elle est remuée par ses paroles directes et simples. Promise en mariage à un noble seigneur, elle demande de rencontrer François pour lui exposer son voeu d’épouser la pauvreté. Cette rencontre est décisive. La nuit des Rameaux de l’an 1212, elle quitte le château familial pour revêtir la bure. Elle a 18 ans. Sa soeur la rejoindra ainsi que de nombreuses jeunes filles. Sa parole est simple : « Regardez le Christ, méditez-le, contemplez-le et n’ayez pas d’autre désir que de l’imiter ».
Une réelle et profonde amitié nait entre François et Claire, une amitié qui est communion de deux âmes, dans une unique contemplation, celle du Christ.
Août 1224.
François gravit l’Alverne et se livre à la
prière. Un matin, à la pointe du jour, il
connaît un étrange état de souffrance, de
joie, d’extase et d’angoisse, accompagné
d’une mystérieuse vision. Il regarde ses
mains et y voit la marque des clous.
La vie de François touche à sa fin et il va nous livrer son dernier message avec le « Cantique des Créatures ». C’est le chant d’un homme qui a lutté pour que les hommes, ses frères, se réconcilient, se reconnaissent frères et qui entrevoit cette nature réconciliée, pacifiée en Jésus-Christ.
3 octobre 1226.
François meurt, il a 44 ans.
Aujourd’hui, posons-nous la question de savoir quelle lumière François projette sur notre Eglise en ce début du XXIème siècle ? Rendrons-nous possible un nouveau rendez-vous de l’Evangile avec notre monde ?